Succéder
à la mythique 916 était
pratiquement mission impossible.
Alors, autant être audacieux,
quitte à déranger.
L'essentiel est que la grosse sportive
de Ducati soit toujours une diva.
A sa présentation, la 999
a choqué, mais le PDG du
constructeur italien n'a pas hésitéà
annoncer cette machine comme LA
moto de la décennie.
D'emblée, la bolognaise surprend.
Elle n'a peut-etre pas la grâce
de sa précédente mais
une finesse extraordinaire. On dirait
presque une 125. L'habillage a été
largement travaillé en soufflerie
pour optimiser la pénétration
dans l'air. Exemple : les deux panneaux
"rajoutés" participent
beaucoup à l'aérodynamique.
Etrange mais toujours Ducati. Cette
sportive conserve le cadre treillis
et un bicylindre desmo. C'est certainement
l'arrière qui chagrinera
le plus les amoureux du coup de
crayon de Tamburini (créateur
de la 916). Le monobras et le double
silencieux ont disparu. Le nouveau
bras oscillant classique doit apporter
plus de rigidité et améliorer
la stabilité.
Toute nouveauté qu'elle est,
rarement une bécane de série
aura autant approcher le concept
d'une meule d'usine. Les rétros
s'enlèvent par déclipsage,
les repose-pieds se règlent
sur 5 positions, l'angle de chasse
est toujours réglable mais
maintenant, on peut aussi régler
(sur 10 mm) la position de l'ensemble
selle-réservoir (uniquement
sur la version monoplace). Quant
au tableau de bord, il s'agit maintenant
d'un véritable petit ordinateur
embarqué.
Au bout de nos surprises ? Certainement
pas. Un pilote de 748 ou 996 ne
retrouvera pas ses marques. Sur
la 999, la position de conduite
est moins appuyée sur l'avant,
les poignets moins martyrisés
par les demi-guidons, l'assise plus
basse, la liberté de mouvement
plus importante - L'inconfort légendaire
des Ducati semble avoir mis de l'eau dans son vin.
Même le comportement s'est
fait une raison. De la 916 à
la 998, ces
hypersportives nécessitaient
un pilotage très particulier
: anticiper, serrer la machine,
l'inscrire avec force et conviction
dans le virage ; un exercice physique
et exigeant. Avec la 999, tout ceci
s'est transformé en une agilité
et une spontanéité
impressionnante. Elle conserve la
fabuleuse précision des produits
de Bologne, tout autant que son
impériale stabilité.
On peut enfin piloter avec plus
de décontraction. Retarder
le freinage, violenter la machine,
et remettre du gros gaz en sortant
du virage, la Ducati obéit
sans broncher.
Malgré son appellation, le
moteur est un 998 cm3. La moto accueille
l'excellent bloc testastretta qui
gagne ici une nouvelle boite à
air, plus de couple et un agrément
supérieur. Généreux
aux mi-régimes, il explose
ensuite vers 7 500 trs pour se ruer
comme un malade jusqu'à la
barre des 5 chiffres. Pour calmer
la bête, le bel ensemble double
disque procure un bon feeling et
une puissance redoutable. Toutefois,
il semble perdre de son efficacité
au fil des tours. Peut être
les plaquettes ?
Ne croyez pas que la 999 soit devenu
une Ducati pour les enfants. Si
la moto est plus facile et plus
instinctive que la 998,
on est encore loin de l'agilité
procurée par une Aprilia
RSV 1000 R, sa concurrente directe.
Ne comparons même avec des
japonaises, qui sembleront des vélos
à coté. Une Ducati,
ça se pilote, et il faut
la tenir si on ne veut qu'elle s'écarte
de la trajectoire imprimée.
On aurait pu craindre une explosion
du tarif vu les progrès technologiques
et la phase de conception/développement.
Mais l'usine a su limiter les coûts
grâce à une rationalisation
de la production. Ainsi, la 999
s'affiche à 17 000 €.
Rajoutez 4 000 de plus pour la version
S, son twin poussé à
136 ch et ses suspensions Öhlins.
Au face à face, la 998 prend une rouste mais s'orgueille
de son passé magnifique.
En superbike, la 999 a dignement
repris le flambeau : elle est intouchable.
M.B
(inspiré par Moto-journal - photos
constructeur) |
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Détails de finition
Freinage à peaufiner
Chaleur de l'échappement |
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Vitesse max : 277 km/h
400 m DA : 11"1
Conso à 130 km/h : 7,3 L |
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MOTORISATION |
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PARTIE-CYCLE |
| - Moteur : bicylindre en V à
90°, 4 T, refroidi par eau, double
ACT, commande desmodromique, 4 soupapes
par cylindre ; 998 cm3 (100 * 63,5 mm)
; 124 ch à 9500 tr/mn - 136 ch
à 9750 tr/mn pour la version
S - ; 10,4 mkg à 8 000 tr/mn
- 10,8 mkg en version S - ;boîte
6 v ; transmission secondaire par chaîne. |
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- Cadre : treillis
tubulaire en tube d'acier ; susp.AV
fourche téléhydraulique
inversée, déb. 125 mm
; susp.AR monoamortisseur , dèb
128 mm ; frein AV 2 disques Brembo Ø
320 mm, étriers 4 pistons ; frein
AR 1 disque Brembo Ø 240 mm,
étrier 2 pistons ; roues AV/AR
17"; réservoir 15,5 L ;
poids à sec 193 kg en version
monoplace - 197 kg en biplace - avec
pleins : 215 kg. |
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PRIX : 17 000 € ( ±
111 500 F ) |
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