Une
moto d'entrée de gamme avec
autant de cachet et de charisme,
ça fait une sacrée
poignée d'années qu'on
n'avait pas vu ça. La ER-6,
c'est le nouveau cheval de bataille
de Kawasaki sur ce segment trop
oublié des basiques qui est
pourtant la porte d'entrée
de quasiment tous les nouveaux motards.
Et bien que certains nouveaux modèles
ait quelque peu dynamisé
le marché récemment,
il faut reconnaître que l'on
attendait quelque chose de plus
fun dans la catégorie - la
voila et elle est magnifique cette
ER-6 n.

ER
- Un choix d'appelation
qui l'identifie comme une basique,
mais elle bien loin de l'antique ER-5. Il y
a surtout cette robe, très
travaillée, très aguicheuse,
avec des références
stylistiques du meilleur effet et
une identité visuelle qui
va beaucoup plaire. Des écopes
de radiateur semblables (très)
à celles de la Benelli
1130 TnT, un échappement
sous la machine façon Buell,
un bras oscillant renforcé
peint de la même couleur que
les fourreaux de fourche, que le
châssis en structure tubulaire,
et mêmes les tés de
fourche y ont droit ; un des coloris
propose ces éléments
peints en rouge - je vous dis pas
comme ça claque !
Ce n'est pas fini, car Kawa a pris
un soin tout particulier à
peaufiner la moto sous tous les
angles. Un arrière très
inspiré de la Z
750 S, des disques de frein
pétales comme sur les ZX-10
R et 636
R, un amortisseur excentré
sur la droite parfaitement accessible,
une tronche de robot qui fait son
petit effet, et un moteur qui cube
649 cm3.
Oublié le 500 de l'ER-5 ! La nouvelle ER est une 6 et demi
doté d'un twin parallèle
à injection. Prévu
pour satisfaire aux futures normes
Euro 3, ce berlingot est-il une
version re-cubé du 500 des GPZ, ER-5 et KLE ou la moitié d'un gros 4
cylindres de la marque ? Eh bien
non, Kawa ne s'est pas contenté
d'aussi simple.
Il s'agit d'un nouveau bloc très
compact qui n'hésite pas
à emprunter des technologies
que l'on retrouve sur des modèles
plus prestigieux de la marque. L'avantage
de la disposition en ligne de ses
cylindres est qu'il participe grandement
à la compacité de
la machine. A la fois plus court
qu'un twin en L et moins large qu'un
4 pattes, cette architecture moteur
et sa conception moderne permettent
à ce 650 d'être moins
volumineux que le bi de l'ER-5.
Pas mal pour un moulin avec 30%
de cubage en plus.
Ses jolis carters abriteront certainement
une cavalerie en adéquation
avec la prestance de la machine.
On peut sans risque avancer la puissance
de 70 ch et une valeur de couple
se rapprochant des 7 mkg. Espérons
que Kawa y ajoute un caractère
pétillant, ce qui serait
un peu plus que la cerise sur le
gâteau.
L
'une des préoccupations majeurs
des ingénieurs Kawa fut de développé
l'ER-6 de façon à
la rendre le plus convivial possible.
Optimisé pour l'agilité,
la maniabilité et l'ergonomie,
il devrait être plus que plaisant
de s'installer à son guidon,
soutenu par une selle basse et certainement
surpris par la finesse de la moto.
Le tableau de bord, aux lignes douces,
semble très complet. Un reproche
cependant : l'antivol par transpondeur
semble absent.
Quant au tarif, le constructeur
devrait l'ajuster entre sa 500 de base et la Z
750, ce qui donnerait un tarif
d'environ 6000 €. A ce prix, Bandit
650 et CB
500 peuvent d'ores et déjà
trembler, car l'ER-6 prépare
son débarquement sous peu
et la deuxième vague d'assaut
se fera avec le renfort d'un ABS
- Arrivée
prévue à la rentrée
!
Une
fois n'est pas coutume, on va commencer
par énumérer les défauts
de la machine. Pourquoi ? Parce
que ça va aller vite. Bon,
je commence. Cet échappement
planqué sous le moteur, vu
de près, il n'a rien à
envier à celui d'une bagnole
citadine (beerrrkk...) ; et puis,
question mélodie, on a vu
mieux, moins insipide - N.B : on
passe pas notre vie sous la moto
mais dessus, et les adaptables,
c'est fait pour quoi ?!? Ca vibre
un petit peu (léger) dans
les repose-pieds, y a pas d'antivol
électronique ni de jauge
à essence, et pis...
Et pis c'est tout ! Je crois que
j'ai fait le tour. Attendez, je
n'ai pas dit que c'était
la meilleure moto du monde - mais
cette nouvelle Kawa a de quoi devenir
rapidement devenir la référence
de la catégorie. Hormis cette
gueule qui interpelle tout le monde
(la curiosité, c'est l'une
des premières clés
du succès), l'ER-6 tire grand
honneur de son nouveau twin. Avec
72 ch et 2 cylindres, elle est en
confrontation directe avec la Suzuki
SV. Cette dernière parait un chouïa plus démonstrative
dans la première moitié
du compte-tours mais le bi parallèle
Kawa offre plus de souplesse. Ensuite,
les montées en régime
se font avec enthousiasme et vivacité.
Du peps, y a rien de mieux pour
vous réveiller le matin.
Une belle santé comme ça,
ça vous permet d'attirer
l'attention d'une très large
clientèle.
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Bilan
à mi-course : la moto a pour
elle le fun du design et une mécanique
enjouée. D'accord, mais faut
encore que le châssis puisse
suivre. Et là, c'est du pain
béni pour tout le monde.
La moto est complètement
intuitive et se conduit au doigt
et à l'oeil, avec une facilité
déconcertante. Le train avant
guide l'ER-6 avec précision,
l'engin suit le rythme en toute
décontraction, le pilote
bénéficie de toutes
les attentions. Non seulement il
pourrait se permettre de cueillir
des fleurs tout en arsouillant tellement
la moto réagit bien et avec
naturel, mais la Kawa lui prouve
également qu'elle est très
accueillante, avec une excellente
position de conduite, et un confort
de suspension dont devrait s'inspirer
la Suz
SV.
Ne vous inquiétez pas, il
en reste pour le sport. Montez dans
les tours et jouez du sélecteur,
la petite entre dans le jeu. Virolos
serrés, changements d'angle
incessants, rentrée debout
sur les freins (elle freine très
bien), l'efficacité et l'équilibre
de la partie-cycle permettent de
s'amuser et d'adopter une conduite
généreuse. Du coup,
de jeunes arsouilleurs en herbe
seront tenter de sortir le tournevis
pour s'adonner à 2-3 réglages
de suspension... Pas de bol pour
eux, la Kawa ne propose que le réglage
de la précontrainte, et seulement
à l'arrière.
ZX-10R, Z 1000 et 750, VN 2000...
Kawasaki est véritablement
en train d'essorer la poignée
pour se porter en tête dans
tous les segments. Avec l'ER-6,
le géant vert donne encore
une fois un bon coup de pied dans
la fourmilière. Une machine
qui a du chien, un sacré
bon petit moteur, du potentiel dans
tous les domaines et qui nous promet
le meilleur... Ça me rappelle
un amour de jeunesse qui ne s'est
jamais éteint !
M.B
(Texte de l'essai inspiré par l'article
de C. Lacombe - Moto-journal n°1673
photos constructeur) |